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Portrait de Molly Ingersoll : une vision engagée au service de la santé des femmes et de leurs droits.

  • il y a 4 jours
  • 2 min de lecture

Microbiologiste et immunologiste résolument optimiste et engagée, Molly milite pour une approche révolutionnaire de la santé. Ses travaux actuels explorent les différences de réponses immunitaires entre femmes et hommes face aux pathologies.


« Il existe mille strates de différences entre femmes et hommes. Nous ne pouvons plus faire comme si nous étions de petits hommes ou, comme on l'a répété trop longtemps, “le sexe faible” !  Ces stéréotypes ont trop longtemps empêché l'amélioration des soins de santé pour les femmes et les ont exclues de la vie publique, politique et intellectuelle. » 


À douze ans, Molly découvre un roman de science-fiction, dans lequel une chercheuse se fait cloner par ses collègues scientifiques dans le but que ses copies puissent mener à bien des découvertes scientifiques. A la lecture de cette histoire délirante, Molly est subjuguée. La révélation est immédiate : « C'est clair, plus tard, je serai chercheuse ! » Du haut de ses 17 ans, l'adolescente audacieuse entreprend durant ses vacances d’été, un stage de recherche à l’université de Cornell. A la suite de cette expérience, elle y poursuit sa formation et y obtient un diplôme en microbiologie. Vient l'heure des choix : elle entame une thèse à New York, poursuit son parcours à Berlin. De retour aux États-Unis, elle enchaîne deux post-doctorats – à Saint-Louis puis à New York – pour se spécialiser en immunologie, c’est-à-dire l'étude des mécanismes de défense de l'organisme.  En 2012, elle part pour Paris, où elle a l'opportunité d’intégrer une équipe puis de construire progressivement son propre groupe à l'Institut Pasteur.


« Pendant des décennies, les médicaments ont été testés principalement sur des hommes. Sous prétexte de « protéger » les femmes en âge de procréer. Conséquence qui s’est révélée parfois dramatique : des traitements jamais évalués sur des sujets féminins les exposent à des effets secondaires imprévus et parfois mortels. » Molly plaide sans relâche pour des protocoles thérapeutiques et des dosages adaptés à chaque genre. Elle concentre ses recherches sur diverses pathologies, dont les infections urinaires qui lui servent de modèle. Cette affection touche la quasi-totalité des femmes au cours de leur vie ; pour certaines, cela devient chronique.


Ses expériences révèlent des écarts saisissants : si les femmes contractent fréquemment cette infection, elles éliminent généralement la bactérie avec efficacité et développent même une mémoire immunitaire protectrice. Néanmoins, certaines femmes souffrent de récidives incessantes. Les hommes, sont beaucoup moins affectés, et présentent des réactions radicalement différentes :  ils souffrent d'infections persistantes pendant plusieurs semaines, parfois accompagnées de complications graves telles que : la propagation de l'infection à d'autres organes, ou certains peuvent juste être des porteurs asymptomatiques.


Les études de Molly Ingersoll et son équipe démontrent surtout le rôle déterminant des hormones (testostérone, œstrogènes…) dans nos réponses immunitaires.


©Institut Pasteur – Valérie Zeitoun



 
 
 

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