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Projets

PROJET DE RECHERCHE SUR LE PALUDISME

  

LE PALUDISME EN BREF

Le paludisme représente encore l’un des grands défis de santé publique. 
Dans son rapport 2018 sur le paludisme, l’OMS a estimé pour 2017 les cas de paludisme à 219 millions et les décès à 435'000
92% des cas de déclarent en Afrique, 5% en Asie du Sud-Est et 2% en Méditerranée orientale. 
La majorité des victimes sont des enfants de moins de 5 ans
Le réchauffement de la planète de 2 à 3 degrés pourrait augmenter de 150 millions le nombre de personnes à risque de contracter cette maladie.
Le paludisme est provoqué par des parasites du genre Plasmodium, transmis à l’homme par le moustique Anophèle femelle et se manifeste par des symptômes grippaux.
Les infections à Plasmodium falciparum sont responsables du type de paludisme le plus dangereux. Dans les cas sévères, il peut atteindre le cerveau et entraîner des convulsions, le coma et la mort. 

Des progrès importants ont été réalisés ces dernières années dans la lutte contre le paludisme, mais ces avancées sont fragiles. Des millions de personnes n’ont toujours pas accès à la prévention et au traitement du paludisme. L’émergence de parasites résistants aux médicaments existants et la résistance des moustiques aux insecticides constituent de nouveaux défis.
Il est donc essentiel et urgent de bloquer la transmission du parasite.
En adoptant en 2015 la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030 de l’Organisation mondiale de la Santé, les États membres de l’OMS ont approuvé la vision audacieuse d’un monde sans paludisme. 
Ils ont fixé une nouvelle cible ambitieuse consistant à réduire la charge mondiale du paludisme de 90 % d’ici à 2030. 
Vaincre le parasite responsable du paludisme serait l’une des plus grandes victoires de l’histoire de l’humanité. 

LE PROJET SOUTENU
PAR LA FONDATION PASTEUR SUISSE

La Fondation Pasteur Suisse finance depuis 2017 un projet très prometteur sur le paludisme, mené en collaboration par le Swiss Tropical and Public Health Institute à Bâle (Prof. Till Voss) et l’Institut Pasteur à Paris (Prof. Artur Scherf). Les deux responsables de la recherche, les Prof. Artur Scherf et Till Voss, sont des références au niveau mondial dans ce domaine.  Le projet se focalise sur les mécanismes épigénétiques (changement d’expression de gènes sans mutation de l’ADN). Cette approche innovante a été rendue possible grâce à une découverte fondamentale du duo de chercheurs : la capacité du parasite à échapper à la réponse immunitaire de la personne infectée et à activer le passage de la phase asexuée vers la phase sexuée est régulée par les facteurs épigénétiques. Ceux-ci permettent à un petit nombre de parasites, injectés dans un individu par le moustique, de se différentier en gamétocytes (forme sexuée du parasite) mâles et femelles, une dizaine de jours plus tard. Les gamétocytes sont responsables de la transmission : ingérés par le moustique lors de la piqure d’un individu infecté, les gamétocytes se reproduisent à l’intérieur du moustique, donnant naissance à de nouveaux parasites que le moustique injectera ensuite à un autre individu. 

Le financement de la Fondation Pasteur Suisse a déjà permis d’importantes avancées. Les chercheurs ont découvert un nouveau mécanisme épigénétique, donnant lieu en 2018 à une publication dans la prestigieuse revue Science et à un reportage de la télévision suisse-alémanique. Les équipes ont passé au crible des banques de composés chimiques et réussi à identifier de nouvelles molécules qui détruisent les gamétocytes. Ces molécules s’avèrent, de plus, efficaces contre diverses souches cambodgiennes multi-résistantes. Un criblage de composés chimiques sur une vaste échelle est actuellement en cours. Les molécules prometteuses seront systématiquement testées sur un ensemble de souches cambodgiennes multi-résistantes. Puis, les chercheurs procèderont à la validation fonctionnelle des composés les plus prometteurs afin de s’assurer qu’ils sont aussi efficaces in vivo. 

LES INVESTIGATEURS PRINCIPAUX

PROF. ARTUR SCHERF, Ph.D.


Directeur de l’Unité « Biologie des interactions hôte-parasite » à l’Institut Pasteur et Directeur de Recherche de classe exceptionnelle au CNRS, Artur Scherf est généticien et l’un des spécialistes du paludisme les plus reconnus dans le monde. Auteur de plus de 160 publications scientifiques et lauréat de prix prestigieux, il s’est notamment distingué par le décodage du génome du parasite du paludisme, l’identification du mécanisme moléculaire de sa variation antigénique et la découverte des expressions génétiques dans des cas de paludisme sévère. Ses récents travaux expliquent les facteurs épigénétiques impliqués dans la croissance et la transmission du parasite et ouvrent la voie à la manipulation génétique de P. falciparum par la technologie CRISPR-Cas9 dans le but de développer de nouveaux outils thérapeutiques et de bloquer la transmission du paludisme. 

PROF TILL VOSS, Ph.D


Directeur adjoint de département et directeur du laboratoire de régulation génétique au Swiss TPH, Till Voss est spécialiste en parasitologie moléculaire et biologie des infections. Expert du paludisme reconnu sur le plan international, il s’est notamment distingué par l’identification des mécanismes épigénétiques responsables de la variation antigénique et du régulateur principal à l’origine de la transformation du parasite P. falciparum de la phase asexuée à la phase sexuée pendant laquelle le paludisme est transmissible. Auteur de 36 publications scientifiques, Till Voss est également à l’origine d’importantes découvertes en collaboration avec Artur Scherf. 

 

 

 

Soutenir ce projet

Pour soutenir ce projet,
vous pouvez faire un don par virement bancaire
avec la référence « Projet paludisme » au compte de la Fondation Pasteur Suisse :

UBS
IBAN: CH52 0021 5215 1055 8901 M
SWIFT: UBSWCHZH80A

Merci de votre soutien !

     

PROGRAMME DE BOURSES POUR DOCTORANTS

  

Depuis 130 ans, l’Institut Pasteur joue un rôle essentiel dans l’enseignement des sciences. Par l’excellence de ses chercheurs, ses 140 unités de recherche sur le campus de Paris, et son réseau de 32 instituts dans le monde,  il offre un cadre unique de formation.  
La Fondation Pasteur Suisse souhaite permettre à des doctorants d’universités suisses de passer une partie de leur doctorat à l’Institut Pasteur.
Ces formations constituent un atout indéniable pour le parcours académique de ces étudiants tout en créant des synergies essentielles entre les laboratoires de l’Institut Pasteur et ceux des universités suisses.
Les candidats sélectionnés pourront passer un semestre ou plus dans un autre laboratoire de très haut niveau en lien avec le sujet de leur thèse.

 

Depuis l’automne 2020, la Fondation Pasteur Suisse participe au financement de la 4ème année de doctorat de Lukas Hafner.  Bernois d’origine, Lukas Hafner est titulaire d’un Master en biologie de l’Université de Genève. Il a obtenu une bourse d’excellence de la Faculté des sciences en 2013. Le Pr. David Shore, qui a supervisé sa thèse de Master, le décrit en des termes particulièrement élogieux. 

Lukas Hafner effectue depuis 2017 un doctorat à l’Institut Pasteur dans l’Unité Biologie des infections, sous la supervision du Pr. Marc Lecuit, qui souligne ses grandes compétences. Il étudie un nouveau mécanisme qui régule la virulence de la bactérie Listeria monocytogenes, responsable de la listériose. Lukas Hafner a bénéficié d’une bourse Marie Curie de l’UE de trois ans dans le cadre du programme doctoral international de l’Institut Pasteur (PPU), qui vient d’arriver à son terme. Toutefois, ses recherches ne sont pas terminées et vont se prolonger une année supplémentaire.  La Fondation Pasteur Suisse a souhaité contribuer à couvrir les frais de cette 4ème année, pour permettre à Lukas Hafner de poursuivre son projet très prometteur, tout en renforçant les liens entre la recherche de l’Institut Pasteur et le monde académique suisse.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur ce projet ?

Merci de contacter la directrice de la Fondation :

Yasmine Dubois-Ferrière 
078  608 80 60
ou
Nous contacter par mail

 

 

 

PLATEFORME DE VIRUS ONCOLYTIQUES THERAPEUTIQUES (cancers du poumon, mésothéliomes et mélanomes)

Dans ce projet, mené  par le Prof. Frédéric Tangy de l’Institut Pasteur et son équipe, il s’agissait d’utiliser des variations moléculaires innovantes dérivées du vaccin contre la rougeole pour traiter les cancers. 
Pour généraliser l’usage de ce vaccin anticancéreux et potentialiser son effet en direction de cancers très agressifs ou résistants aux approches anticancéreuses habituelles, diverses combinaisons moléculaires ont été construites. 
L'utilisation de la plateforme rougeole a été adaptée pour des vaccins oncolytiques dirigés contre le mésothéliome pleural (dit « cancer de l’amiante »), les adénocarcinomes du poumon et du colon, et le mélanome. 
Pour cela, la production des virus vecteurs modifiés (VVM) a été réalisée. Le pouvoir oncolytique de ces vecteurs a pu être testé in vitro sur des lignées de cellules tumorales et in vivo sur des souris greffées avec des tumeurs humaines.

Les résultats disponibles avant le début du soutien de la Fondation Pasteur Suisse indiquaient clairement un potentiel fort du virus de la rougeole atténué comme outil thérapeutique antitumoral de type de virus oncolytique (oncolytic virus – OV). Cette activité antitumorale pouvait s’expliquer par deux mécanismes, non exclusifs l’un de l’autre, qui induisaient la mort des cellules tumorales : le premier mécanisme mettait en jeu la mort cellulaire directe des cellules infectées par le virus, le deuxième mécanisme provoquait la destruction des cellules tumorales en induisant une réponse immunitaire de l’individu, stimulée par la présence de cellules infectées par le virus et ciblée spécifiquement contre l’ensemble des cellules tumorales.

L’utilisation en thérapie humaine antitumorale de ce vecteur viral modifié supposait donc d’une part d’établir des règles de biosécurité d’usage de ce vecteur et d’autre part, de procéder à des analyses mécanistiques appropriées, afin de définir quels seraient les individus susceptibles d’être réactifs à ce type de traitement ou non et donc de pouvoir en bénéficier (stratification des malades). C’est sur ces éléments du projet qu’a porté le soutien de la Fondation Pasteur Suisse, de 2015 à 2017.

Des expériences in vitro ont abouti à une première indication pour une stratification des patients susceptibles de bénéficier ou non d’une approche antitumorale de type OV. Ces premiers résultats, en accord avec d’autres publications sur l’utilisation des virus oncolytiques pour des approches thérapeutiques antitumorales, ont conduit à concevoir des expériences pour préciser les mécanismes d’action de ces virus et, le cas échéant, à imaginer des combinaisons thérapeutiques à effet synergique. 

 

Parallèlement à ces études sur les effets des virus oncolytiques, il fallait établir le caractère sûr et non toxique de la « plateforme » de vectorisation du virus de la rougeole dans des protocoles de vaccination, que ce soit à des fins vaccinale ou de virothérapie (anticancéreuse, notamment). Ce résultat a été obtenu, dans le cadre d’un essai clinique avec un vaccin contre le virus Chikungunya utilisant la même plateforme du virus de la rougeole, démontrant la sécurité, la tolérabilité et l’immunogénicité d’un tel agent vaccinal. Plusieurs essais précliniques ont également apporté la démonstration définitive de la protection d’animaux immunisés utilisant ces mêmes vecteurs. Une série de travaux a été entreprise pour évaluer l’action oncolytique des virus atténués modifiés sur des lignées dérivées d’adénocarcinomes de poumon et colorectal. L’objectif de ces études était aussi d’élucider autant que possible le mécanisme d’action mis en œuvre pour cette activité cytolytique. 

Tous ces travaux ont établi de façon claire et décisive l’intérêt de proposer une approche de virothérapie utilisant la plateforme du virus de la rougeole dans la panoplie de thérapies anticancéreuses, y compris pour des cancers très agressifs tels que le mélanome ou le mésothéliome.

Le projet de plateforme de virus oncolytiques thérapeutiques comme socle méthodologique pour des thérapies anti-cancéreuses innovantes a bien avancé et est actuellement poursuivi en relation avec des équipes de cliniciens. Cette même stratégie d’immunothérapie vaccinale anticancéreuse a également été élargie sur plusieurs axes qui portent leurs fruits, par exemple l’utilisation d'un anticorps thérapeutique en association avec une chimiothérapie qui permet de réduire la prolifération tumorale et les risques de récidive ou la vaccination thérapeutique pour empêcher le développement du cancer du foie due à la présence du virus de l’hépatite B.